Archives de catégorie : Tous les articles

9-10 avril 2026 – Colloque : “De Natura Sonorum : Généalogie philosophique du sonore”

Colloque international

De Natura Sonorum. Généalogie philosophique du sonore

org. V. Decaix (Paris 1-Panthéon-Sorbonne, SPHERE) et P. Nadrigny (Paris1-Panthéon-Sorbonne, ISJPS, ExeCo)

avec le soutien de l’Institut Universitaire de France

9-10 avril 2026 – Centre Panthéon, 12 place du Panthéon 75005 Paris

Le colloque international « De Natura Sonorum : généalogie philosophique du sonore » propose une exploration philosophique de la nature du son en croisant approches historiques et théories contemporaines du sonore. Le colloque vise à réexaminer les modèles classiques du son (présocratiques, aristotélisme, néoplatonisme, scolastique) à la lumière des problématiques actuelles de l’ontologie et de la phénoménologie du son et de l’écoute.

L’originalité du projet repose sur un croisement méthodologique : chaque session réunit des spécialistes de périodes différentes afin d’établir un dialogue entre l’histoire de la philosophie et les cadres conceptuels contemporains.

Quatre axes structurent les échanges :

  • La nature du son (qualité, disposition, événement).
  • Perception et phénoménalité (écoute, voix, phénomènes-limite).
  • Ambiances sonores (milieux, spatialités, environnements).
  • Matérialités et supports (techniques, reconstitutions, enregistrements).
Le jeudi 09 avril, un récital autour d’un lai de Guillaume de Machaut sera proposé par Michaël|le Grebil Liberg dans l’Amphithéâtre Bachelard  (21h)

Inscription obligatoire

Programme :

Jeudi 9 avril : Centre Panthéon, salle 6

09h30 – Ouverture du colloque Présentation par Véronique Decaix et Pauline Nadrigny

Session 1. De l’inaudible à l’audible

10h00 – Anna Marmodoro (St Louis University) :  Sound and its causal efficacy in Plato’s Timaeus

10h45 – Björn Puhr (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) : Le seuil et la norme : frontières de l’audible

11h45 –  Matthieu Saladin (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) : Phénoménologie de l’inaudible : l’écoute des conditions de l’écoute chez Alvin Lucier

Session 2. Ambiances, milieux et espaces sonores

14h30 –  Jocelyn Benoist (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) : Échos dans la caverne

15h15 – Gweltaz Guyomarc’h (Université de Caen Normandie) : An Echo of Strato in Alexander: Peripatetic Views on Sound Propagation

16h15 – Jean-Baptiste Fournier (Sorbonne Université, IUF) : L’adresse des sons : réflexion sur les implications ontologiques de la signature sonore des lieux depuis l’orgue de Notre-Dame de Paris

Soirée : Récital en Sorbonne Amphithéâtre Bachelard,  21h Michaël|le Grébil Liberg : L’Ymage, un lai de Guillaume de Machaut

Vendredi 10 avril : Centre Panthéon, salle 6

Moment d’écoute et conférence

9h00 – Mylène Pardoen (MSH Lyon Saint-Étienne) : Archéologie du paysage sonore médiéval : Notre-Dame de Paris

Session 3. Phénoménalité du son

10h30 – Hamid Taieb (HU/FU Berlin) : Sound in Early Phenomenology

11h15 – Katerina Ierodiakonou (Université de Genève / Université d’Athènes) : Theophrastus on Hearing and Sounds

Session 4. Présences sonores : matérialités et puissances

14h – Aurélien Robert (CNRS, UMR SPHERE) : Le pouvoir des sons à la fin du Moyen Âge : vibration, multiplication, configuration

15h – Kris Hilbert (CUNY Graduate Center) : The Im/materiality of Magnetic Tape

16h00 – Discussion finale

Inscription obligatoire.

Télécharger l'affiche et le programme en pdf.

 

18-19 mars 2026 – Colloque “Physicomm : Les commentaires de la Physique de la Bibliotheca Amploniana d’Erfurt”

Colloque

Les commentaires de la Physique de la Bibliotheca Amploniana d’Erfurt

org. N. Weill-Parot (EPHE) dans le cadre du projet PSL Global Seed Fund “Physicomm”

mercredi 18 et jeudi 19 mars 2026 – École nationale des Chartes – Salle Delisle
65 Rue de Richelieu 75002 Paris

La Bibliotheca Amploniana d’Erfurt comprend  nombre de commentaires manuscrits de
la Physique d’Aristote : certains d’auteurs  célèbres, d’autres de maîtres fort peu connus.  L’équipe réunie autour du projet Physicomm,  financé par PSL Global Seed Fund, a entrepris  d’étudier ces fonds en privilégiant une  approche d’histoire conceptuelle. L’examen  de ces manuscrits et de ces textes permet, en  particulier, de mieux cerner les évolutions de  la physique entre 1350 et 1450, à la veille du  renouveau néoplatonicien du Quattrocento et  avant l’avènement de la science moderne. Ce  colloque international, soutenu également par  l’équipe SAPRAT, présentera les premiers  fruits de ces recherches.

Mercredi 19 mars 2026 :

  • 10h00 Nicolas Weill-Parot (SAPRAT ; EPHE – PSL) : Introduction
  • 10h30 Cecilia Trifogli (All Souls College, Oxford University) : The Questions on Time (Physics IV.10-14) in an anonymous commentary in ms. Erfurt F. 348, fols. 91ra-96vb
  • 11h30-11h45 :  Pause
  • 11h45 Daniel A. Di Liscia (Ludwig-Maximilians-Universität München, MCMP) :  The followers of Lawrence Lindores and the new quantificational physics in Germany
  • 14h00 Aurora Panzica (Université de Bâle ; FNS) : Une question médiévale sur l’entropie : le temps est-il cause de corruption ? Quelques réponses tirées des commentaires conservés à Erfurt
  • 15h00-15h15 : Pause
  • 15h15 Luca Burzelli (Universitat Pompeu Fabra, Barcelone) et Francesco Molinarolo (Universität Siegen) : The Questions on Physics by Jandun. A preliminary analysis on the Erfurt manuscript

Jeudi 19 mars 2026 :

  • 10h00 Sabine Rommevaux (Ausonius, CNRS) : Les Questiones breves issues des Questiones super physicam (ultima lectura) de Buridan
  • 11h00-11h15 Pause
  • 11h15 Sophie Serra (Lunds Universitet) : Le commentaire à la Physique du «Magister de Stadis» (ms Erfurt, Amploniana, 4° 318)
  • 12h15 Nicolas Weill-Parot (SAPRAT, EPHE – PSL) : La discrète originalité d’un maître méconnu : Roger Dole de Roermundia et son commentaire de la Physique (ms. Erfurt, 4° 302)
  • 14h30 Chris Schabel (IRHT, CNRS) : Distracted from Physics by Theological Discoveries: Erfurt, CA 2o 120
  • 15h30 Lukáš Lička (Univerzita Karlova, Prague) : From Physics to Optics: Assessing the Optical Part of the Amplonian Collection in Erfurt [en visioconférence]
  • 16h30-16h45 Pause
  • 16h45-18h00 Table ronde : Perspectives pour le projet « Physicomm » avec la participation de Mario Meliadò (Universität Siegen)

 

Pour assister au colloque, s'inscrire au plus tard 24h avant.
Contact : Nicolas Weill-Parot
Voir l'affiche en pdf.

27-28 mars 2026 – Journées Incipit

Journées Incipit : actualité de la philosophie médiévale

org. Centre Pierre Abélard (Sorbonne Université).

Avec le soutien de la Faculté des Lettres, de l’Initiative Circulations médiévales, de l’UR « Métaphysique : histoires, transformations, actualité », de l’École doctorale 433 « Concepts et Langages » et du CNRS-IRHT.

vendredi 27 et samedi 28 mars 2026 – site Sorbonne – salle D.306 et amphi Guizot

Programme :

1. vendredi 27 mars – 14h30-18h30 : Journée jeunes chercheurs (salle D.306)

14h30–16h15 : Première partie – Présidence : Irène Gay (ICP / Albert-Ludwigs-Universität Freiburg)

  • 14h30 Accueil
  • 14h45 Matteo Esu (Université de Genève) : Débats masculins sur une théologie féminine dans la scolastique médiévale
  • 15h15 Grégoire Gilliot (Sorbonne Université) : Résonnances boéciennes dans la pensée de Thomas d’Aquin ? Le cas de la théorie de l’abstraction.
  • 15h45 Martina Buccilli (Università degli Studi di Milano) : La tradition manuscrite des Errores philosophorum attribués à Gilles de Rome : problèmes et perspectives pour une nouvelle édition critique 
  • 16h15–16h45 Pause

16h15–18h15 : Deuxième partie  – Présidence : Arman Farzan (EHESS)

  • 16h45 Galdric Drapé (Université de Fribourg, Suisse) : Augustin physicien
  • 17h15 Élie Collin (Sorbonne Université) : La métaphysique thomiste d’Etienne Gilson
  • 17h45 Anna-Sophie Lange (Sorbonne Université) : Le possible comme fondement de la toute-puissance : reconfiguration d’une notion avicennienne chez Jean Duns Scot
  • 18h15 Discussion finale

2. samedi 28 mars 2026 – 10h-12h : “Lectio Incipit” (amphi Guizot)

Présidence : Tobias Hoffmann (Sorbonne Université)

  • 10h00 Accueil, mots d’ouverture
  • 10h10 William Duba (Université de Fribourg, Suisse) : « Distinction, non-identité, indistinction après Duns Scot: la pluralité dans l’unité chez Pierre Auriol et ses contemporains »
  • 11h10 Jean-Pascal Anfray (École Normale Supérieure), Commentaire – W. Duba, Réponse – Discussion

3. samedi 28 mars 2026 – 14h-18h : Présentation de livres récents

Présentation de livres récents – Présidence : Aurélien Robert (CNRS-SPHère)

  • Fernanda Catullo (Sorbonne Université / Universidad de Buenos Aires): Robert Pasnau, Construire la volonté : Débats sur le libre arbitre à la fin du Moyen Âge. Vrin, 2025.
  • Mali Alinejad Zanjani (Centre Jean Pépin UMR 8230 CNRS/ENS) : Jean-Baptiste Brenet, Le Dehors dedans. Averroès en peinture. Éditions Macula, 2024.
  • Véronique Decaix (Paris 1 Panthéon Sorbonne / CNRS-SPHère) : Thomas d’Aquin, Commentaire du Traité Du ciel d’Aristote. Traduction par Barbara Ferré avec la collaboration d’Emmanuel Brochier. Introduction, note sur la traduction, notes, bibliographie par Emmanuel Brochier. Les Belles Lettres, 2024.
  • Sabine Rommevaux (Ausonius, CNRS, Université Bordeaux Montaigne)  : Henrik Lagerlund, Sylvain Roudaut, Erik Åkerlund, & Robert Andrews, The Mechanization of Nature: Matter, Body, and Motion in Blasius of Parma’s Physics. Brill, 2025.
  • Irene Caiazzo (CNRS-LEM)  : Marsilio Ficino, Sull’Amore, édité par Stéphane Toussaint. Mondadori, Fondazione Lorenzo Valla, 2026.
  • Christophe Grellard (EPHE PSL) : Shaun Retallick, Political Theology the “Modern Way”. The Case of Jacques Almain (d. 1515). Brill, 2024.

Présentations de livres récents, la tradition franciscaine – Présidence : Ide Lévi (Sorbonne Université)

  • Joël Biard (Université de Tours)  : Meagan S. Allen (dir.), The Sciences of Roger Bacon’s Opus Maius. Routledge, 2026.
  • Dominique Demange (Université Paris Nanterre)  :
    • Ernesto Dezza & Antonio Petagine (dir.). William of Ware on the Sentences Teaching Philosophy and Theology in the 13th Century between Thomas Aquinas and Duns Scotus. Brepols, 2025.
    • Pierre de Jean Olivi, La conscience, Introduction, traduction et notes par Stève Bobillier et Véronique Decaix. Vrin, 2025.
  • Sylvain Roudaut (CNRS-SPHère) : Jean Duns Scot, Questions sur la métaphysique, III (Livre VII), Introduction au volume par Olivier Boulnois ; introductions, traductions et notes par Olivier Boulnois et Adeline Levilion ; avec une introduction au texte latin par Dominique Poirel. PUF, 2025.
  • Claus A. Andersen (Université catholique de Louvain)  :
    • Simon J. G. Burton, Ramism and the Reformation of Method. The Franciscan Legacy in Early Modernity. Oxford University Press, 2024.
    • Ian Campbell & Todd Rester, Franciscans and Scotists on War. John Duns Scotus’s Theology, Anti-Judaism, and Holy War in Early Modernity. Routledge, 2025.
  • Simon J. G. Burton (The University of Edinburgh) : Claus A. Andersen & Jacob Schmutz(dir.). Distinction and Identity in Late-Scholastic Thought and Beyond. Schwabe, 2025.

Brèves mentions de livres. Présentation du nouveau site de Quodlibase – Présidence Monica Brinzei (CNRS-IRHT)

  • Tobias Hoffmann (Sorbonne Université) :
    • Monica Brinzei, Irene Caiazzo, Christophe Grellard, Aurélien Robert (dir.), Radical Thinking in the Middle Ages: Acts of the XVth International Congress of the SIEPM, Paris, 22–26 August 2022. Brepols, 2025.
    • Ulrich Rudolph, Grundriss der Geschichte der Philosophie – 11. und 12. Jahrhundert: Westliche Gebiete. Schwabe, 2026.
  • Sylvain Piron (EHESS)  : Présentation du nouveau site de Quodlibase (répertoire des disputations quodlibétales)
Télécharger l'affiche en pdf

Inscription obligatoire 2j à l'avance pour accéder à la Sorbonne : formulaire.

Plus d'informations sur le site du Centre Pierre Abélard.

 

 

 

6 janvier 2026 – “Falsafa” – L. Tardy : “La philosophie hérétique ? Averroès contre al-Ghazâlî”

Falsafa les RDV de la philosophie arabe à l’Institut du Monde Arabe

La philosophie hérétique ? Averroès contre al-Ghazâlî

mardi 6 janvier 2026 – 19-21h – Institut du Monde Arabe – Salle du haut Conseil (niveau 9)

À l’occasion des 900 ans de la naissance d’Averroès (Ibn Rushd, 1126-1198).
Cette saison est un hommage à celui qui fut à la fois juge, juriste, médecin et philosophe, commentateur inlassable d’Aristote. À travers conférences et débats, ces rencontres mettent en lumière la pensée d’Averroès et son influence durable sur la philosophie, la science et le dialogue des cultures.

La philosophie est-elle hérétique, comme l’a soutenu al-Ghazālī dans L’Incohérence des philosophes ? Et dans ce cas, pourquoi ne pas l’avoir rejetée tout entière ? Cette incohérence n’a pas échappé à Averroès, qui la retourne contre son adversaire. Car à ses yeux, le théologien a non seulement mal lu les philosophes, mais repris à son compte, comme malgré lui, la philosophie d’Avicenne ! La réponse d’Averroès sera sévère. Suffira-t-elle, pour autant, à sauver la falsafa ?

Avec Lucie Tardy, docteure en philosophie arabe médiévale, et chercheuse post-doctorante au sein du centre de recherche ACPPS (Arabic Classical Philosophy & philosophy of Sciences) à l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) de Benguerir (Maroc). 

19-22 janvier 2026 – Série d’émissions “Avec philosophie” : Averroès passeur de savoirs

L’émission de France Culture “Avec philosophie” a diffusé du 19 au 22 janvier une série d’émissions :

“Averroès passeurs de savoirs”

  • Lundi 19 janvier 2026 : “Averroès à la croisée des cultures”

Avec :

  • Jean-Baptiste Brenet (Paris1-Panthéon-Sorbonne)
  • Silvia Di Donato (SPHERE, CNRS)

Écouter l’émission.

  • Mardi 20 janvier 2026 : “Averroès et la philosophie grecque”

Avec :

  • Cristina Cerami (SPHERE, CNRS)
  • Olga Lizzini (Univ. Aix-Marseille, Univ. Genève)

Écouter l’émission.

  • Mercredi 21 janvier 2026 : “La raison et la foi selon Averroès”

Avec :

  • Jean-Baptiste Brenet (Paris1-Panthéon-Sorbonne)
  • Ziad Bou Akl (EPHE)

Écouter l’émission.

  • Jeudi 22 janvier 2026 : “Averroès, philosophe, juge et médecin”

Avec :

  • Ziad Bou Akl (EPHE)
  • Joël Chandelier (Univ. Lausanne)
  • Pauline Koetschet (Centre Léon Robin, CNRS)

Écouter l’émission.

 

10 février 2026 – Séminaire “La philosophie médiévale à Condorcet” – S. Negri : “Les humbles visibles : liste de signes d’humilité au Moyen Âge tardif”

Séance de séminaire

La philosophie médiévale à Condorcet

org. M. Brinzei (IRHT), I. Caiazzo (LEM), Ch. Grellard (EPHE), C. König-Pralong (EHESS)

Silvia Negri

Les humbles visibles : liste de signes d’humilité au Moyen Âge tardif

mardi 10 février 2026 – 14h-16h – Campus Condorcet, Centre de colloques – 3e étage, salle 3.01

Cette année, le séminaire de recherche inter-laboratoire La philosophie médiévale à Condorcet. comporte cette année cinq séances et adopte un format différent des années précédentes. Une semaine avant chaque séance, un texte (une étude ou un chapitre d’ouvrage en préparation) sera envoyé à toutes et tous les participant.e.s. La présentation de l’invité.e ne reprendra pas ce texte, mais le commentera et le contextualisera, avant qu’une discussion, ouverte à toutes et tous, ne soit introduite et modérée par une ou un collègue parisien.ne.
 
Pour recevoir les textes avant les séances, il est nécessaire que vous vous inscriviez en écrivant à l'un.e des quatre organisateurs du séminaire: Monica Brinzei, Irene Caiazzo, Christophe Grellard, ou Catherine König-Pralong.

Voir le programme des séances 2025-2026 en pdf.

4-5 décembre 2025 – Colloque : “Le symbole au Moyen Âge”

Colloque

Le symbole au Moyen Âge

org. D. Poirel & P. Bermon (Institut d’Études Médiévales, ICP)

jeudi 4 et vendredi 5 décembre 2025 – Institut catholique de Paris – 

Fréquente pour parler du Moyen Âge, la notion de « symbole » soulève de sérieuses difficultés. D’abord, ses emplois contemporains coïncident mal avec ceux du Moyen Âge, du « symbole de foi » comme le Credo de Nicé – proclamé il y a 1700 ans – à la Théologie symbolique, ce livre perdu du pseudo-Denys. Ensuite, nos emplois contemporains sont eux-mêmes très divers, de l’« univers symbolique » des ethnologues à l’euro symbolique du juriste en passant par le registre symbolique du psychanalyste ou le courant symboliste en art et en littérature. D’une discipline à l’autre, le « symbole » ne cesse de varier. La difficulté redouble à propos du Moyen Âge, souvent crédité d’une « mentalité symbolique », donc moins rationnelle que la nôtre, comme s’il n’était pas le temps où les universités promeuvent dans tous les champs du savoir un idéal scientifique, c’est-à-dire fortement logicien et même syllogistique. Pourtant, même l’exégèse spirituelle de la Bible, si prégnante au Moyen Âge, traite moins de « symboles » à décoder que d’événements se répondant entre eux, autour d’un événement central. Il est donc temps de faire le point sur une notion glissante et de définir les sens divers qu’elle revêt. Que veut dire « symbole » dans les textes médiévaux ? Que veut dire « symbole » dans nos discours médiévistes, d’historiens de la philosophie, de la théologie, de la liturgie, de l’exégèse, de la littérature, de l’art, de la culture, des théories du langage, etc. ? 3) Quelles évolutions cette enquête révèle-t-elle à travers le Moyen Âge et du Moyen Âge jusqu’à nous ?

Programme :

Jeudi 5 décembre – Salle des actes :

9h00 – Accueil des participants
9h15 – Inauguration du colloque – Vincent Holzer, Vice-Recteur à la Recherche de l’ICP

9h30 – Dominique Poirel, Directeur de l’IEM : “Les problèmes que soulève la notion de « symbole »”

I. Le mot σύμβολον / symbolum dans les textes anciens

10h – Sylvain Detoc, Institut Catholique de Toulouse/Université : “Les symboles de foi, en particulier celui de Nicée (1700e anniversaire)”

19h45 – Philippe Hoffmann, EPHE, Académie des InscriptionsPontificale Saint-Thomas d’Aquin (Angelicum, Rome) : “Le mot σύμβολον dans la tradition philosophique grecque”

11h30 – Marco Rainini, Università Cattolica del Sacro Cuore, Milano : “Simboli e diagrammi nella letteratura teologica del XII secolo”

13h45 – Declan Lawell, Liverpool Blue Coat School : “Symbole » chez Thomas Gallus et dans la tradition dionysienne latine”

14h30 – Matthieu Bernard, Université Catholique de Lyon : “Bonaventure et le symbole”

15h15 – Olivier-Thomas Venard, École biblique et archéologique française
de Jérusalem : “Thomas d’Aquin et le modus symbolicus”

II. « Symbole » et « symbolisme » dans la culture médiévale

16h – Cécile Coulangeon et Aurélien Nouvion, ICP : “Symbolisme et architecture à Saint-Rémi de Reims”

Jeudi 5 décembre – Salle B30 :

8h – Accueil

9h30 : Pascale Bermon, LEM (CNRS) – IEM (ICP) : “Quelques emplois inattendus du mot « symbole » chez les théologiens latins du XIVe siècle”

10h – Luisa Valente, Università La Sapienza Roma: “Symbolum proprie dicitur aliquorum conuiuantium collatio”. Sull’evanescenza della nozione di ‘simbolo’ nel pensiero medievale latino”.

11h15 – Dominique Poirel, IRHT : “Une exégèse symbolique ?”

12h – Pascale Bourgain, École des chartes, Académie des Inscriptions : “Métaphore et symbole, à propos de la littérature latine médiévale”

15h15 – Isabelle Fabre, Université Paris Nanterre/ CSLF (EA 1586) : “Navigations spirituelles. Le symbole en régime allégorique”

15h – Hélène Bricout et Christophe Lazowski, ICP : “Les interprétations symboliques de la liturgie au Moyen Âge”

16h15 – Christian Heck, Université de Lille : “Le symbolisme dans l’art du Moyen Âge”

17h – Michel Pastoureau, EPHE : “L’histoire du symbole médiéval face aux dérives ésotériques”

Télécharger le programme en pdf
Inscription

28-29 octobre 2025 – Colloque : “La Terre et le Ciel”

Colloque

La Terre et le Ciel. Géographie, astronomie et influences célestes dans le monde latin (XIIe-XVe siècle)

org. Nathalie Bouloux (Université de Tours, CESR) ; Maria Sorokina (CNRS, IRHT) ; Georges Tolias (EPHE – PSL, Saprat)

28-29 octobre 2025 – salle Gaston Paris, Escalier E – EPHE, Sorbonne – 17 rue de la Sorbonne – et à distance

Changement de programme : la journée commencera à 10h le 29 octobre.

Au Moyen Âge et à la Renaissance, l’espace terrestre est pensé dans un cadre cosmographique. La Terre, immobile, située au centre de l’univers, est entourée de sphères célestes mobiles qui font tourner les planètes et les étoiles. À partir du XIIe siècle, avec la réception de l’astronomie de Ptolémée, de la physique d’Aristote ou encore des sources astrologiques grecques et arabes, cette conception du monde s’approfondit et se diffuse de plus en plus largement. Elle suscite un nombre grandissant d’interrogations sur les liens entre Ciel et Terre au sein de l’Université et plus généralement dans des milieux culturels divers. Comment les corps célestes façonnent-ils la conformation de la Terre et la vie individuelle et collective des hommes par leurs influences particulières, par exemple en déterminant les régions habitables et inhabitables, et les zones climatiques ?

En réunissant des chercheurs d’horizons différents – des historiens, des historiens des sciences, de la philosophie, des représentations de l’espace ou encore de la littérature –, ce colloque vise à explorer différentes visions des rapports entre le Ciel et la Terre du XIIe au XVe siècle.

Voir le programme détaillé sur l'affiche en pdf.
Contact (renseignement et inscription) : Maria Sorokina
Teams : Numéro de réunion 386 286 985 327 9 ; code secret LR3Me3ia

16 octobre 2025 – Journée d’études – “Commentaires philosophiques et théologiques de la première moitié du XIIe siècle”

Journée d’études

Commentaires philosophiques et théologiques de la première moitié du XIIe siècle

org. Barbara Obrist (CNRS/Paris-Cité, SPHERE) & Irene Caiazzo (CNRS, LEM, SPHERE)

jeudi 16 octobre 2025 – 9h30-17h – salle 569, bât. Olympe de Gouges, Université Paris Cité 75013 Paris

Correction : L’intervention d’Andrew Hicks (Cornell University) ne portera pas sur Guillaume de Conches, mais sur le sujet suivant: “Contrary Motions in Twelfth-Century Natural Philosophy: The Case of Hisdosus”.

Visionner le programme complet sur le site de SPHERE.

Ou le télécharger en pdf.

7-15 Octobre 2025 [REPROGRAMMÉ] – Conférences Pierre Abélard – J. Meirinhos “L’imagination au Moyen Âge : perception, connaissance, mémoire, action”

Cycle – Conférences Pierre Abélard

L’imagination au Moyen Âge : perception, connaissance, mémoire, action

José Meirinhos (Université de Porto)

org. Centre Pierre Abélard, Sorbonne Université

les 7, 8, 14 et 15 octobre 2025 – 18h-20h – Sorbonne, salle des Actes – et en distanciel

Reprogrammation au 16, 17 et 18 décembre 2025.

1. Phantasia – imaginatio : mardi 7 octobre
2. Imaginatio virtus sensitiva : mercredi 8 octobre
3. Imaginatio et memoria : mardi 14 octobre
4. Imaginatio et appetitus : mercredi 15 octobre

Plus d’informations, notamment le résumé détaillé de chacune des conférences, sont disponibles sur le site du Centre Pierre Abélard.

*

L’imagination (phantasia gr. ; imaginatio lat.) a une longue tradition philosophique qui se raffine et se diversifie tout au long du Moyen Âge latin. Aristote la discute en détail dans De anima III, chap. 3, comme « cette fonction dont on dit qu’elle produit en nous l’image / est secundum quam dicimus fantasma aliquod nobis fieri » (428a1-2). Une succession d’apories concernant sa distinction de la sensation, de l’opinion et de l’intellection amène à sa définition comme « un mouvement produit par la sensation en acte / motus a sensu secundum actum factus » (429a1), pour conclure que même l’intellect (discuté aux chapitres 4 à 8) en dépend, puisqu’il ne pourra s’actualiser sans l’imagination (« l’âme ne pense jamais sans image », 431a16). Et Aristote va plus loin encore en montrant (en III.9-11) à quel point l’imagination a un rôle central tant dans l’appétit et le mouvement des animaux que dans le choix humain.
          La complexe théorie aristotélicienne de l’imagination a suscité des réactions de la part d’autres écoles philosophiques et un effort considérable de systématisation de la part des commentateurs. Cette discussion s’est développée en plusieurs directions, dont la principale fut l’élaboration d’une théorie des sens internes de l’âme et de ses objets qui s’éloigne parfois résolument d’Aristote, accueillant l’apport d’autres traditions. Calcidius, Augustin d’Hippone et Boèce ont transmis aux Latins un certain nombre d’éléments aristotéliciens qui guident la discussion sur l’imagination jusqu’au XIIe siècle. Les traductions arabo-latines et gréco-latines des œuvres naturelles d’Aristote et de ses commentateurs ou glosateurs relancent la discussion sur l’âme. Si ces nouveaux textes intègrent les éléments péripatéticiens de la théorie de l’âme d’Avicenne, les Latins les accueillent encore sous la primauté accordée à l’approche augustinienne, laquelle s’étend jusqu’au milieu du XIIIe siècle. C’est alors que, l’attention se déplaçant sur le De anima, comme en témoignent les commentaires et les quaestiones sur le texte aristotélicien, l’accent sera mis sur le rôle de l’imagination dans la perception sensible, la connaissance des choses naturelles et la formation de la connaissance intellectuelle, soit par abstraction, soit par illumination, donnant origine à une exubérante complexification des théories de l’imagination à la fin du Moyen Âge. La relation de l’imagination avec l’appétit et le mouvement (à partir de De anima III, 9-11) mérite beaucoup moins d’attention, d’autres solutions étant préférées, notamment la théorie de la volonté et du libre arbitre pour expliquer l’action humaine. D’autre part, la théorie de l’imagination devient également un outil pour l’étude de la mémoire (sensible ou intellectuelle, surtout à partir de De memoria et reminiscentia 1), du rêve, de la prophétie, mais aussi pour la discussion des formes trompeuses de la connaissance telles que l’illusion ou l’erreur, ou même des pathologies psycho-physiques.
         
L’imagination n’a pas bénéficié au Moyen Âge de la même attention monographique que l’intellect. Robert Kilwardby a écrit un De spiritu fantastico sive de receptione specierum (vers 1250-1261, à Oxford) et le premier (et unique ?) De imaginatione est l’ouvrage de Jean-François Pic de la Mirandola, publié en 1501 à Venise. La discussion sur l’imagination se trouve plutôt dispersée dans de multiples textes, des brefs résumés sur les facultés de l’âme jusqu’aux grandes sommes théologiques ou aux commentaires sur les Sentences de Pierre Lombard, aussi bien que dans les commentaires et questions sur le De anima d’Aristote. Il conviendrait également de mentionner la présence variée des théories de l’imagination dans la poésie et la littérature médiévales.
          Ces quatre leçons retracent l’histoire complexe des discussions sur l’imagination, qui résonnèrent encore chez Descartes, Malebranche, Spinoza, Hume ou Kant. Ces philosophes ont souligné ou le rôle marginal ou le rôle central de l’imagination dans les domaines de la connaissance et de la morale.
          Dans l’impossibilité de couvrir tous les détails des théories de l’imagination, ces quatre conférences se centrent sur un certain nombre de débats donnant la mesure tant de la dépendance que de l’écart des médiévaux par rapport à la pensée d’Aristote.
          La première conférence (Phantasia – imaginatio) examine la constitution du vocabulaire de l’imagination en tant que sens interne de l’âme sensible, dans sa relation avec les autres sens internes et avec le cerveau en tant que son organe propre. Une attention particulière sera accordée aux traductions et aux textes du XIIesiècle et de la première moitié du XIIIe siècle.
        À partir du XIIIe siècle, les auteurs latins s’intéressent surtout à la discussion sur l’imagination en De anima III, 3 en tant que faculté de représentation de ce qui apparaît dans la sensation (la conservant ou la constituant). Ce sera le sujet de la deuxième conférence (Imaginatio virtus sensitiva), discutant les positions sur la relation entre l’imagination et la sensation et la formation des représentations sensibles ou leur conservation.
        La conservation des images sensibles est un problème qu’Aristote avait discuté dans le De memoria et reminiscentia, où la mémoire est mise en relation avec l’imagination et a le pouvoir de conservation. C’est le thème de la troisième conférence (Imaginatio et memoria), qui se penchera sur les discussions des auteurs du XIIIe au XVIe siècle autour de la distinction entre mémoire sensible et mémoire intellectuelle, souvent déployée aussi sur le champ de la théologie.
          Dans la dernière partie de De anima, Aristote recourt également à l’imagination pour expliquer l’action des animaux, car les représentations de l’imagination sont l’objet de l’appétit, lequel à son tour cause l’action des animaux. Souvent remplacée par la théorie de la volonté pour rendre compte de l’action humaine, cette explication ne manque pas de poser certains défis, discutés dans la quatrième conférence (Imaginatio et appetitus), parmi lesquels la possibilité que l’imagination (et son contenu) puisse causer les mouvements du corps ou de l’intellect, et expliquer ainsi soit l’erreur, soit certaines affections psycho-physiques.

Inscription obligatoire pour toute personne n’ayant pas de carte d’accès à la Sorbonne (au moins deux jours à l’avance) ou pour obtenir un lien d’accès par ce formulaire. 

5-12-13-21 mai 2025 – Cycle de conférences – Scott L. Pratt

Cycle de conférences

Professeur invité : Scott L. Pratt (Univ. of Oregon)

org. C. Koenig-Pralong (CAK, EHESS) et avec le soutien du projet Plurilog (IRP/CNRS, Julie Brumberg-Chaumont et Scott L. Pratt)

Scott L. Pratt est professeur et directeur du département de philosophie à l’Université de l’Oregon. Ses recherches et son enseignement portent sur la philosophie américaine, la philosophie de l’éducation et l’histoire de la logique.

Red Power: Indigenous Ontology in a Divided World

5 mai 2025, 14h-16 – Campus Condorcet, Bâtiment EHESS, salle 427

Conférence accueillie dans le séminaire de Nicolas Barreyre et alii, « Nouvelles recherches nord-américanistes. Séminaire du CENA »

*

Rivisiting Native Pragmatism: a round-table with Scott Pratt

12 mai 2025, 14h–16h – Espace Lettres 1, 2ᵉ étage, escalier B, École Normale Supérieure, 45 rue d’Ulm, Paris

Table ronde organisée par Mathias Girel et Stéphane Van Damme, ENS Paris

*

The Agency of Empire: The Origins of Post Truth

13 mai 2025, 10h30–12h30 – Campus Condorcet, Centre de colloques, salle 3.10

Conférence accueillie dans le séminaire d’Étienne Anheim et Catherine König-Pralong, « Espaces-temps historiographiques »

*

Against Critical Reason

21 mai 2025, 14h–17h – 54 boulevard Raspail, salle A06_51

Conférence accueillie dans le séminaire de Gildas Salmon et alii, « Savoirs du dehors. Épistémologie, histoire, critique »

Télécharger l'affiche-programme du cycle de conférences

 

2 juillet 2025 – Soutenance d’HDR de Dominique Demange

Dominique Demange (Université Paris-Nanterre, IRePh)

Soutenance d’habilitation à diriger des recherches

mercredi 2 juillet 2025, 14h – EHESS, 54 boulevard Raspail, salle A07_37

Intitulé du mémoire de synthèse :
“Les savoirs scientifiques dans le milieu franciscain au treizième siècle. Enjeux et perspectives historiques et philosophiques.”

Intitulé de l’ouvrage inédit :
“La nature universelle. Réalisme scientifique et réalisme des universaux  dans la pensée franciscaine des années 1250-1270  (Roger Bacon, Jean Peckham, Pierre de Jean Olivi)”

Jury :

  • Sylvain Piron, École des Hautes Études en Sciences Sociales (Paris), garant
  • Catherine König-Pralong, École des Hautes Études en Sciences Sociales (Paris)
  • Olivier Boulnois, École Pratique des Hautes Études (Paris)
  • Cecilia Trifogli, All Souls College (Oxford)
  • Laurent Cesalli, Université de Genève (Suisse)
  • Aurélien Robert, Centre National de la Recherche Scientifique (Paris)
Un pot se tiendra à l'issue de la soutenance, dans les locaux de l'EHESS.
Pour les besoins de l'organisation, merci d'annoncer votre venue auprès de Dominique Demange.
 

 

8-9 avril 2025 – Colloque “Parva Naturalia and Medicine in Medieval and Renaissance Latin Works”

Colloque

Parva Naturalia and Medicine in Medieval and Renaissance Latin Works

org. Chiara Beneduce & Aurélien Robert (SPHERE, CNRS/Paris1-Panthéon-Sorbonne)

mardi 8 et mercredi 9 avril 2025 – salle 105, Bâtiment Olympe de Gouges, Place Paul Ricoeur 75013 Paris

Télécharger l'affiche en pdf

8 novembre 2024 – Séance de séminaire prof. invité EPHE – Alfredo Storck – Séance 1. “Ius naturale et dominium”

Séance de séminaire

Alfredo Storck (Universidade Federal do Rio Grande do Sul)

prof. invité à l’EPHE par Ch. Grellard et O. Boulnois

Séance 1. “Ius naturale et dominium : présentation du cadre général des débats actuels”

Vendredi 8 novembre – 14h-16h –  Salle D052 (Sorbonne, Esc. E, 1er étage)

Le débat sur la signification de la notion de droit est une constante de l’histoire de la pensée morale. Jusqu’au milieu du siècle dernier, il était courant de trouver des auteurs qui affirmaient que la notion de droit subjectif avait été totalement inconnue de la philosophie grecque, de la pensée juridique romaine et de la tradition théologique médiévale, au moins jusqu’à Thomas d’Aquin. Pour des auteurs comme Michel Villey (1962), la notion de droit subjectif serait une invention de la fin du Moyen Âge et résulterait du nominalisme de Guillaume d’Ockham. D’autre part, il ne manquait pas d’auteurs comme James Tully (1980) pour associer la notion de droits individuels à l’émergence du capitalisme et à des auteurs comme Thomas Hobbes et John Locke. Cette image a été profondément remise en question par des auteurs tels que Brian Tierney (1997). Celui-ci a identifié l’émergence de la notion de droits subjectifs dans la tradition du droit canonique médiéval, en particulier dans les commentaires du décret de Gratien par les décrétalistes du XIIe siècle. Quant à l’émergence des droits individuels, des auteurs comme Virpi Mäkinen (2001) ont montré comment les controverses franciscaines sur la notion de propriété ont contribué à l’émergence de la notion de droits individuels encore à l’époque médiévale. Bien que le sujet reste encore aujourd’hui largement controversé, le rôle joué par les penseurs liés à l’école de Salamanque est de plus en plus reconnu. En analysant les notions de ius naturale et de dominium, Francisco de Vitoria, Domingo de Soto et Luis de Molina sont considérés comme ayant rompu avec les théories traditionnelles sur les droits et ont joué le rôle de médiateurs entre la période médiévale et le début de la modernité. La rupture, cependant, n’aurait pas été le fruit du hasard, mais serait née de la réalité historique de la découverte du Nouveau Monde et de la nécessité de discuter de questions telles que la légitimité de la conquête et de l’évangélisation des infidèles (Virpi Mäkinen, 2020).
L’attention accordée aux auteurs liés à l’école de Salamanque a toutefois contribué à ce que les auteurs portugais, qui ont aussi écrit dans des contextes assez similaires, soient négligés. Ce n’est que récemment que la collection de l’École Ibérique de Paix (Escola Ibérica da Paz) a commencé à éditer des ouvrages de professeurs de théologie et de droit qui ont écrit aux universités de Coimbra et d’Évora (Pedro Calafate 2015 et 2020) et qui ont réfléchi sur les notions de ius et dominium en tenant compte de la réalité des colonies portugaises en Amérique du Sud.
Ce séminaire entend contribuer à intégrer au dossier un élément manquant, à savoir la prise en compte des auteurs ayant écrit dans les colonies portugaises d’Amérique. Nous entendons montrer comment le travail des missionnaires a été confronté à des défis de diverses natures qui les ont obligés à discuter des notions centrales de la pensée politique et théologique. Les notions de liberté et de droit étaient particulièrement importantes. En effet, les colons portugais semblent avoir trouvé dans la notion d’asservissement volontaire un moyen d’échapper à la critique selon laquelle toute soumission forcée serait illégitime. Ainsi, la notion de dominium de soi était présentée comme découlant de la notion de liberté naturelle et était employée pour justifier l’esclavage volontaire des populations indigènes qui se vendaient. Les notions de liberté et de droit naturels ont également été discutées lorsqu’il s’agissait de l’administration du sacrement du mariage. Dans le cas des populations amérindiennes, la discussion portait sur la question de savoir si elles reconnaissaient et pratiquaient le mariage naturel. Divers doutes pratiques sont apparus à cette époque, ce qui a conduit les missionnaires, en particulier les Jésuites, à développer des moyens spécifiques pour résoudre les doutes sur les sacrements. Dans le cas des populations d’origine africaine, cependant, la difficulté était de savoir si une personne réduite en esclavage avait le droit de se marier sans le consentement de son propriétaire. L’existence de ce droit impliquait évidemment une certaine limitation du droit absolu que le propriétaire aurait sur la personne asservie. Les sujets seront abordés au cours des quatre leçons du cours.

Programme détaillé des séances :

(les horaires et salles varient)

  1. Ius naturale et dominium : présentation du cadre général des débats actuels (Vendredi 8 novembre, 14h-16h, Salle D052 (Sorbonne, Esc. E, 1er étage))
  2. L’esclavage volontaire dans le Brésil colonial : la position de Quiricio Caxa (Vendredi 15 novembre, 10h-12h, Salle D064 (Sorbonne, Esc. E, 1er étage))
  3. Manoel da Nóbrega contre la servitude naturelle (Vendredi 22 novembre, 14h-16h, Salle D052 (Sorbonne, Esc. E, 1er étage))
  4. Les doutes sur les mariages naturels des Indiens. (Vendredi 29 novembre, 10h-12h, Salle D064 (Sorbonne, Esc. E, 1er étage))

 

 

10-11 Octobre 2024 – Colloque international “De la connexion des vertus : le maximalisme moral de l’Antiquité au Moyen Âge”

Colloque

De la connexion des vertus : Le maximalisme moral de l’Antiquité au Moyen Âge

org. Anna-Sophie Lange (Sorbonne Université), Ide Lévi (Sorbonne Université), et Anne de Saxcé (Sorbonne Université).

jeudi 10 et vendredi 11 octobre 2024 – Sorbonne, salle G-073 (escalier E, 3e étage)

Jeudi 10 octobre

10h15 Accueil des participants

10h30 Cristina Viano (CNRS / Sorbonne Université, Centre Léon Robin)
Excellentes médiétés et vertus proprement dites chez Aristote

11h15 Carlos Lévy (Sorbonne Université)
Les vertus chez Cicéron et Philon d’Alexandrie : système ou kaléidoscope ?

12h15 Vincent Giraud
Les vertus de l’homme pécheur. Augustin critique des Stoïciens dans la lettre 167 à Jérôme

15h00 Husayn Ibrahim (Ludwig-Maximilians-Universität München)
Islamic Philosophical Perspectives on the Indivisibility of Virtues

15h45 Matthias Perkams (Friedrich-Schiller-Universität Jena)
Prudentia mater virtutum. L’unité des vertus chez Abélard et dans son école

16h45 Jean-Pierre Rothschild (IRHT / CNRS)
La racine des vertus selon Aristote et selon la tradition rabbinique, dans la pensée juive espagnole du XVe siècle

Vendredi 11 octobre

9h30 Accueil des participants

9h45 Jörn Müller (Julius-Maximilians-Universtät Würzburg)
Prudence and the connection of the moral virtues in Albert the Great. His stance in the two commentaries on the Nicomachean Ethics

10h30 David Perrin (Revue thomiste)
Connexion et déconnexion des vertus, des dons du Saint-Esprit et des charismes chez saint Thomas d’Aquin

11h30 Tobias Hoffmann (Sorbonne Université)
Le progrès moral et la régression morale selon Henri de Gand

12h15 Pierre-Luc Desjardins (LEM)
Le détachement chez Maître Eckhart: négation ou connexion des vertus ?

15h00 Iacopo Costa (LEM / CNRS)
La connexion des vertus dans les commentaires de l’Éthique à Nicomaque de la première moitié du XIVe siècle

15h45 Valentin Braekman (Université de Lausanne)
La prudence est-elle compatible avec le vice ? La réponse d’Ockham

16h45 Ide Lévi (Sorbonne Université)
Connexion et déconnexion des vertus dans les Moralia de Jacques Almain

17h30 Fin de la journée

Inscription obligatoire (au moins deux jours à l’avance) pour toute personne n’ayant pas de carte d’accès à la Sorbonne auprès d’Anne de Saxcé