Archives de catégorie : Parutions

Averroès, Épitomé de l’Organon d’Aristote, suivi du Commentaire moyen de l’Isagogé de Porphyre, Paris, Les Belles Lettres, 2026

Averroès, Épitomé de l’Organon d’Aristote, suivi du Commentaire moyen de l’Isagogé de Porphyre, traduction par A. Belabid, Paris, Les Belles Lettres, “Sagesses médiévales”, 2026, 420 p.

Dès l’Antiquité tardive, les traités de logique d’Aristote, désignés sous le nom d’Organon, se sont imposés comme des textes fondamentaux dont la maîtrise conditionnait l’accès à l’ensemble du cursus philosophique. Afin d’en faciliter l’intelligibilité, enseignants et érudits entreprirent la rédaction de nombreux commentaires destinés à en éclairer les subtilités. Dans ce contexte, le philosophe néoplatonicien Porphyre de Tyr (234-305) composa l’Isagogè, appelé à devenir une introduction à toute la logique aristotélicienne. Ce corpus forma un dispositif conceptuel à la longévité et à la diffusion remarquables : Grecs, Byzantins, Latins, Syriaques, Arabes et Juifs ont tour à tour traduit, étudié, commenté et transmis ces textes jusqu’aux humanistes italiens.
La présente édition propose la traduction de deux œuvres d’Averroès (1126-1198), l’un des plus éminents commentateurs d’Aristote : d’une part, l’Épitomé de l’Organon, conservé seulement en judéo-arabe et en hébreu et n’ayant jamais fait l’objet d’une édition ni d’une traduction intégrale, bien qu’il ait profondément marqué la tradition logique juive dès le XIIIe siècle, et ce jusqu’au XVIe siècle grâce à sa version hébreu-latine due à l’humaniste juif italien Abraham de Balmes (1440-1523) ; d’autre part, le Commentaire moyen de l’Isagogè, conservé uniquement en hébreu, témoignant d’une phase plus mûre de la pensée du philosophe andalou.
La diffusion de ces textes dans le monde juif illustre à la fois l’importance accordée à la logique dans l’apprentissage des sciences et la place centrale qu’Averroès occupa, au Moyen Âge, au sein de divers milieux intellectuels.

Aïcha Belabid, docteure en philosophie (INALCO), est spécialiste de la philosophie arabe et hébraïque.

Les Belles Lettres – Sagesses médiévales
420 pages – 13,5 x 21 cm
ISBN : ‎ 978-2251922492 – juin 2026

https://www.lesbelleslettres.com/livre/9782251459349/epitome-de-lorganon-daristote

Gersonide, Les Guerres du Seigneur, Paris, Vrin, 2026

Gersonide, Les Guerres du Seigneur, édition et traduction (bilingue hébreu-français face-à-face) par D. Lemler, Paris, Vrin, “Translatio”, 2026, 280 p.

Lévi ben Gershom, Gersonide (1288-1344), est l’un des philosophes juifs médiévaux les plus originaux après Maïmonide. Actif en Provence et nourri des commentaires d’Averroès sur Aristote, il milite contre l’écriture ésotérique et pour une démarche entièrement scientifique en matière de philosophie. Ce livre offre une traduction inédite d’extraits de sa somme philosophique, Les Guerres du Seigneur : son introduction, écrite en réaction à celle du Guide des égarés de Maïmonide, et des extraits choisis du livre 6 sur la création du monde. Gersonide y présente une démonstration de sa thèse aux accents platonisants, selon laquelle le monde a été créé à partir d’une matière chaotique prééternelle. L’ensemble est précédé d’une préface qui propose d’écrire l’histoire de la philosophie juive médiévale à travers la comparaison des introductions des grandes œuvres de ce corpus.

David Lemler est Maître de conférences en pensée juive médiévale à l’UFR d’études arabes et hébraïques de Sorbonne Université et membre du LEM UMR8584.

Vrin – Translatio
280 pages – 11,3 × 17,8 × 1,4 cm
ISBN : 978-2-7116-3262-6 – avril 2026

https://www.vrin.fr/livre/9782711632626/les-guerres-du-seigneur

G. Lettieri, De la lettre à l’Esprit. Dialectiques herméneutiques entre ontologie et grâce de Paul à Augustin, Paris, Vrin, 2026

G. Lettieri, De la lettre à l’Esprit. Dialectiques herméneutiques entre ontologie et grâce de Paul à Augustin, Paris, Vrin, “Conférences Pierre Abélard”, 2026, 168 p.

Les systèmes théologiques proto-chrétiens et patristiques les plus profonds – ceux de Ptolémée le gnostique, d’Origène, de Grégoire de Nysse et d’Augustin – constituent autant d’herméneutiques mystico-spéculatives de l’opposition paulinienne entre la littera occidens et le Spiritus vivificans, laquelle subit de profondes métamorphoses. À travers celles-ci, l’annonce judéo-chrétienne de l’apocalypse de la grâce se trouve contaminée par la pensée grecque de l’être, tout en s’en écartant : il en résulte plusieurs configurations d’une ontologie eschatologico-messianique ambiguë. Ce livre a pour objectif de documenter, en une approche historico-critique, les métamorphoses de la dialectique littera / Spiritus chez ces quatre auteurs pour montrer que dans ce processus, le Christ devient la puissance apocalyptique du transfert polymorphe de la lettre religieuse à l’Esprit.

Gaetano Lettieri est professeur d’histoire du christianisme et des Églises et vice-recteur chargé des politiques culturelles à l’Université La Sapienza de Rome. Il est membre de l’Accademia Nazionale dei Lincei.
Texte traduit par Martine Van Geertruijden, Gabriele Rendina et Niccolò Brandodoro.

Vrin – Conférences Pierre Abélard
168 pages – 13,5 × 21,5 × 1,2 cm
ISBN : 978-2-7116-3272-5 – avril 2026

https://www.vrin.fr/livre/9782711632725/de-la-lettre-a-lesprit

C. Molino-Machetto (ed.), “Ordre du monde et gouvernement des hommes dans l’islam prémoderne”, ThéoRèmes, 24, 2026

C. Molino-Machetto (ed.), “Ordre du monde et gouvernement des hommes dans l’islam prémoderne”, ThéoRèmes, 24, 2026

Ce dossier porte sur les formes d’articulation entre théologie et politique en contexte islamique prémoderne. À partir de corpus variés, il met en évidence une pluralité de rationalités politiques développées dans un cadre monothéiste. Celles-ci oscillent entre une sacralisation du pouvoir sur fond d’analogie théocratique et des analyses sécularisées qui insistent au contraire sur la distance qui le sépare du divin.

Ont contribué à ce volume : C. Molino-Machetto, A. Al-Azmeh, A. Ganjipour, J. Jabbour, T. Mustofa et M. Ghouirgate

Association de la revue ThéoRèmes – ThéoRèmes
https://doi.org/10.4000/15zd4 – mars 2026

https://journals.openedition.org/theoremes/18019

M. F. Elsayed, Le commentaire du Coran par le soufi marocain Aḥmad Ibn ʿAjība, Paris, Vrin, 2026

M. F. Elsayed, Le commentaire du Coran par le soufi marocain Aḥmad Ibn ʿAjība, Paris, Vrin, “Études musulmanes”, 2026, 224 p.

Cet ouvrage présente une étude d’al-Baḥr al-madīd fī tafsīr al-Qurʾān al-majīd (« La mer étendue – Commentaire du glorieux Coran »), exégèse coranique intégrale rédigée de 1799 à 1806 par le soufi marocain Aḥmad Ibn ʿAjiba. Al-Baḥr al-madīd répond vraisemblablement à la vision spirituelle du maître al-ʿArabī al-Darqāwī, fondateur de la voie Shādhiliyya-Darqāwiyya, à laquelle Ibn ʿAjība se rattache entre 1793 et 1794. Cet enseignement, qui s’ancre dans le « renouveau soufi », fait de l’association de l’orthodoxie sunnite et du soufisme le vecteur véritable de la sainteté. De même, le commentaire d’Ibn ʿAjība tend à affirmer que toute spiritualité se fonde sur une observance de la Loi commune alliée à une pratique initiatique rigoureuse.
Le travail d’Ibn ʿAjība est singulier dans la littérature exégétique de l’islam, et en particulier du soufisme, par l’analyse tripartite qu’il applique à l’ensemble du texte coranique. Tout d’abord, Ibn ʿAjība procède à une étude linguistique du Coran, mettant à contribution grammaire, poésie et stylistique arabes. Puis il en vient à l’exégèse exotérique, obvie, du Livre : le tafsīr. Fort de ces assises, il en arrive au traitement proprement ésotérique de la matière coranique. Le souci d’équilibre et de transparence qui émane du commentaire d’Ibn ʿAjība explique sans doute qu’il suscite depuis quelques décennies un large intérêt auprès du public.

Mohamed Fadel Elsayed est docteur de l’Université de Strasbourg et maître de conférences en islamologie à l’Université d’al-Azhar (Le Caire).

Vrin – Études musulmanes
224 pages – 16 × 24 × 3 cm
ISBN : 978-2-7116-3258-9 – mars 2026

https://www.vrin.fr/livre/9782711632589/le-commentaire-du-coran-par-le-soufi-marocain-amad-ibn-ajiba

Marsile Ficin, Sull’amore, Milan, Mondadori, 2026

Marsile Ficin, Sull’amore, sous la direction de S. Toussaint, Milan, Mondadori, “Fondazione Lorenzo Valla”, 2026, 736 p.

Platon, le père des philosophes, mourut à l’âge de quatre-vingt-un ans, le 7 novembre, jour de sa naissance, alors qu’il était allongé lors d’un banquet, après la fin du repas. Ce banquet, qui réunissait à la fois le jour de sa naissance et l’anniversaire de sa mort, était renouvelé chaque année par tous les anciens platoniciens jusqu’à l’époque de Plotin et de Porphyre. Après Porphyre, cependant, ce banquet solennel fut abandonné pendant mille deux cents ans. »
C’est ainsi que commence De l’amour de Marsile Ficin, qui rappelle immédiatement après que la commémoration de cet anniversaire avait été reprise à Florence par Laurent de Médicis, avec son « symposium » ou « banquet », au Quattrocento. Marsile écrit le De amore en sept « oraisons », comme s’il s’agissait d’un miroir de la tradition de ces banquets philosophiques, auxquels il faut ajouter le “Convivio” d’un autre Florentin : Dante. L’ouvrage de Ficin n’est pas seulement un commentaire du Banquet de Platon, mais aussi une recréation originale, une interprétation qui part de la tradition antique pour fournir une nouvelle image d’Éros. Comme le dit Stéphane Toussaint dans son introduction à ce volume, « le Banquet de Platon est le premier texte de philosophie de l’amour de toute l’Antiquité et le De amore de Marsile Ficin le premier commentaire sur le Banquet platonicien de toute l’époque moderne. Après Dante, poète de l’amour divin, et après Pétrarque, poète de l’amour humain, le philosophe Ficin invente une nouvelle façon de penser l’éros ».
Ficin ne commente pas l’intégralité du dialogue, mais seulement les passages clés du Banquet, et les doctrines exposées dans son ouvrage sont l’apparition de l’Amour dans le chaos primordial ; la différence entre l’Amour céleste et l’Amour vulgaire ; l’universalité de l’Amour ; l’humanité primitive divisée en deux dans le mythe d’Aristophane ; le Beau incorporel et l’Amour heureux ; l’Amour démonique et l’Amour divin ; Donna me prega de Guido Cavalcanti ; le mal d’amour et la fureur érotique ; l’amour socratique.
Si l’éros est avant tout « l’amour du beau », ce que nous offre ce livre est un joyau aussi fascinant que la Vénus de Botticelli : un nouveau texte latin préparé avec rigueur critique, une traduction élégante, une introduction et des commentaires amples, profonds et brillants. Le De amore inaugure les publications de la Fondazione Valla consacrées à l’humanisme laïc. Il s’agit de la première édition latine de l’œuvre en Italie depuis le XVIe siècle et de la première traduction italienne moderne.

Ancien élève de l’École Normale Supérieure (Ulm), Stéphane Toussaint est directeur de recherches au CNRS. Philosophe, spécialiste de la Renaissance italienne et historien de l’humanisme, il préside la Société Marsile Ficin et dirige la revue internationale Accademia.

Mondadori – Fondazione Lorenzo Valla
736 pages – 13,7 x 3,8 x 20,9 cm
ISBN : 978-8804807087 – mars 2026

https://www.mondadoristore.it/sullamore-libro-marsilio-ficino/p/9788804807087

P.-O. Dittmar, L’invention de l’animal. Essai d’anthropologie médiévale, Paris, Gallimard, 2026

P.-O. Dittmar, L’invention de l’animal. Essai d’anthropologie médiévale, Paris, Gallimard, “Bibliothèque des Histoires”, 2026, 448 p.

Il n’y avait pas d’animal au Moyen Âge. Des cochons et des oiseaux, des bœufs et des belettes, des lapins et des ours, des loups et des abeilles, des licornes même, oui. Mais si les animaux étaient présents en nombre, partageaient leur territoire et bien d’autres relations avec les humains, l’animal en tant que catégorie, tel que nous le connaissons aujourd’hui, n’existait pas. Or l’invention de ce concept ne crée pas seulement une fracture entre les humains et le reste du monde ; elle produit aussi un second partage, moins visible, plus intime, qui donne naissance à une « part animale »au sein de chaque individu.
L’objet de cet ouvrage est de témoigner d’un monde, d’une période, qui ignorait cette double coupure et l’a fait émerger. Au croisement de l’histoire religieuse et de l’histoire intellectuelle, de l’histoire de l’art ou de celle de l’alimentation, il met en lumière, notamment par les images, un mode particulier de rapport au vivant et un moment décisif de l’histoire des sociétés occidentales.

Maître de conférences à l’EHESS, titulaire d’une chaire d’histoire et d’anthropologie du vivant (XIe – XVIe siècle), Pierre-Olivier Dittmar consacre ses recherches à l’histoire des rapports avec le non-humain : animaux, invisibles ou artefacts.

Gallimard – Bibliothèque des Histoires
488 pages – 17,5 x 2,7 x 22,6 cm
ISBN : ‎ 978-2073126924 – mars 2026

https://www.gallimard.fr/catalogue/l-invention-de-l-animal/9782073126924

C. Grellard, Est-il permis de se tromper? Penser la tolérance au Moyen Âge, Paris, Éditions de la Sorbonne, 2026

C. Grellard, Est-il permis de se tromper? Penser la tolérance au Moyen Âge, Paris, Éditions de la Sorbonne, “Philosophie”, 2026, 146 p.

Entre le XIIe siècle et le XVIe siècle, les théologiens médiévaux, en discutant de la possibilité d’excuser l’erreur en matière de foi, ont posé les conditions intellectuelles pour penser la tolérance religieuse. Leurs débats, largement méconnus, voire ignorés des philosophes, permettent de comprendre comment, dans le cadre d’une religion exclusiviste – le christianisme médiéval –, qui refuse tout salut en dehors de l’Église et sans adhésion à une vérité dont l’institution ecclésiale est la seule garante, il est tout de même envisageable de reconnaître, voire d’autoriser, la déviance religieuse. Or, c’est précisément quand le lien entre vérité et salut est suspendu que la tolérance religieuse et la liberté de conscience deviennent théoriquement pensables. Les débats autour de l’excuse du péché, en particulier du péché d’infidélité, étudiés dans cet ouvrage mettent au jour les concepts d’ignorance invincible et de conscience erronée, utilisés par les théologiens pour rendre compte du problème de l’hétérodoxie.

Christophe Grellard est Directeur d’études à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes (Université PSL) et membre du Laboratoire d’études des monothéismes (LEM, CNRS). Il a publié de nombreux articles sur les thèmes de l’épistémologie médiévale et de la philosophie morale.

Éditions de la Sorbonne – Philosophie
146 pages – 16,00 x 24,00 x 0,90 cm
ISBN : 9791035110857 – janvier 2026

https://www.editionsdelasorbonne.fr/produit/1171/9791035110857/est-il-permis-de-se-tromper

O. Lizzini, Avicenne, Paris, Vrin, 2026

O. Lizzini, Avicenne, Paris, Vrin, “Études musulmanes”, 2026, 282 p.

Avicenne (Ibn Sīnā, 980-1037 ère commune) occupe dans l’histoire de la pensée arabo-islamique une place centrale; et il fut reconnu comme un maître par la tradition latine et juive du Moyen Âge. C’est à son système que le présent ouvrage est consacré. Il suit la logique interne de sa métaphysique qui est d’inspiration néoplatonicienne. De Dieu et de l’empire céleste procède notre monde; et de ce monde se fait le mouvement en retour qui ramène au Principe. Pour entrer dans la compréhension du double mouvement de cette procession, il importe d’en analyser d’abord la logique et les catégories fondamentales (vérité, nécessité, possibilité). Il importe ensuite d’examiner ce qui se trouve ainsi mis au centre : le monde; et au centre de ce monde, l’homme qui est appelé à faire retour vers le principe. Avicenne développe une anthropologie ainsi inspirée par le procès de la manifestation de Dieu.
Une chronologie de la vie et des œuvres, ainsi qu’une bibliographie thématique, complètent ce volume.

Olga L. Lizzini est Professeure des Universités. Elle enseigne l’islamologie et la philosophie en islam à Aix-Marseille Université et la philosophie arabe de tradition musulmane et juive à l’Université de Genève.

Vrin – Études musulmanes
282 pages – 16 × 24 × 1,4 cm
ISBN : 978-2-7116-3226-8 – janvier 2026

https://www.vrin.fr/livre/9782711632268/avicenne

C. Avogadri, La doctrine de la contingence chez Jean Duns Scot. Possibilité de la création et liberté de la créature, Peeters, Louvain-la-Neuve, 2025

C. Avogadri, La doctrine de la contingence chez Jean Duns Scot. Possibilité de la création et liberté de la créature, Louvain-la-Neuve, Peeters,”Philosophes Médiévaux”, 2025, 342 p.

Le livre rassemble et analyse les grands textes scotistes qui traitent du thème de la contingence, en montrant leur cohérence logique et systématique. Outre la vue d’ensemble, le sujet devient un lieu important de réflexion sur le statut de l’étant à partir de la thèse de l’acte créateur contingent, dont on mesure les conséquences théologiques – liées à l’attribut divin d’immutabilité – et métaphysiques.
Un autre thème intéressant est celui du contingent logique, qui engage Scot dans une re-compréhension de la science divine à travers le grand effort de reformulation de la tradition précédente, ouvrant un espace pour l’élaboration de la thèse de la contingence synchronique.
Enfin, puisque l’actualité de la contingence a sa propre évidence dans l’acte libre de la volonté, l’ouvrage se termine par une étude de ce qu’on appelle le volontarisme scotiste, dont les aspects de continuité avec la tradition franciscaine antérieure et de nouveauté sont mesurés.

Docteur en théologie et philosophie, Claudio Avogadri est chercheur associé à l’Institut Catholique de Paris.

Peeters – Philosophes Médiévaux
342 pages – 16 × 24 × 2,3 cm
ISBN : 978-90-429-5345-1 – novembre 2025

https://www.peeters-leuven.be/detail.php?search_key=9789042953451&series_number_str=75&lang=fr

Jean Duns Scot, Questions sur la métaphysique, Vol. III, Livre VII, Paris, Presses Universitaires de France, 2025

Jean Duns Scot, Questions sur la métaphysique, Vol. III, Livre VII, traduction et introduction par O. Boulnois, A. Levilion et D. Poirel, Paris, Presses Universitaires de France, “Épiméthée”, 2025, 496 p.

Les Questions sur la métaphysique de Duns Scot (XIVe siècle) forment l’un des plus importants traités de métaphysique en Occident. Dans cet original commentaire par questions, Duns Scot dépasse le projet encore contradictoire d’Aristote et fait de la métaphysique une science. En une série d’analyses à la fois libres et minutieuses, il n’hésite pas à critiquer Aristote et à l’harmoniser avec la philosophie arabe et la théologie chrétienne. Pour la première fois dans l’histoire, la métaphysique devient une science transcendantale, portant sur un unique concept d’être et incluant toutes choses, y compris Dieu.
Il était nécessaire d’en donner une édition légèrement amendée, et une traduction française rigoureuse. Cette édition en quatre volumes est bilingue (latin-français), avec des notes minimales et un bref commentaire synthétique pour chaque question. Le volume III comprend les questions sur le livre VII (Sur la substance et les accidents).

Introduction, traduction et notes par Adeline Levilion et Olivier Boulnois. Avec une introduction au texte latin par Dominique Poirel.

Presses Universitaires de France – Épiméthée
496 pages – 15,1 x 3,4 x 21,7 cm
ISBN : 978-2130787242 – novembre 2025

https://www.puf.com/questions-sur-la-metaphysique-iii-livre-vii-0

Yaḥyā ibn ʿAdī, Traité sur l’unité divine, Paris, Les Belles Lettres, 2025

Yaḥyā ibn ʿAdī, Traité sur l’unité divine, traduction d’O. Lizzini, Paris, Les Belles Lettres, “Sagesses médiévales”, 2025, 300 p.

Le Traité sur l’unité divine est une analyse logique et philosophique du concept fondamental du monothéisme : l’unité et l’unicité de Dieu. Yaḥyā ibn ʿAdī (m. 974) – traducteur, philosophe et théologien chrétien qui écrit en arabe, actif à Bagdad dans la même école de logique qu’al- Fārābī (m. 950) – propose dans cet écrit, non sans une certaine ironie, un examen minutieux des différents sens du « un », pour arriver à ce qui est – selon lui – la seule conception logiquement correcte de l’unité et de l’unicité de Dieu : une conception selon laquelle l’unité inclut toujours la multiplicité ou peut y être ramenée.
Dans la conception de Yaḥyā, l’idée d’un Un absolu est inadmissible : l’unité est toujours et nécessairement liée à la multiplicité, même dans le cas de l’être divin. En ce sens – et de façon assez surprenante – c’est, selon lui, la logique qui légitime la formulation trinitaire de l’unité divine et réfute la doctrine islamique, selon laquelle l’unité de Dieu est prédiquée de manière absolue. Il est en effet clair que, même si le Traité est entièrement construit dans les limites d’un langage purement abstrait – ni l’islam ni le credo chrétien ne sont jamais explicitement nommés –, la compréhension « modulée » du monothéisme que Yaḥyā propose ici reflète celle des chrétiens et s’oppose à celle, absolue, de l’islam.
La première traduction française du Traité, proposée ici, est accompagnée d’une introduction doctrinale au texte et d’une introduction générale à l’auteur et à son oeuvre dans laquelle les recherches sur Yaḥyā ibn ‘Adī sont discutées de manière critique. Un aperçu schématique du Traité et une bibliographie raisonnée concluent l’ouvrage.

Olga L. Lizzini (Aix-Marseille Université/CNRS, IREMAM) est professeur d’islamologie et de pensée islamique à l’Université d’Aix-Marseille et enseigne – entre autres – à l’Université de Genève. Elle s’intéresse à la tradition intellectuelle islamique de l’époque classique ainsi qu’à la philosophie juive et arabe. Elle est l’auteur de nombreux livres et articles sur al-Fārābī, Ibn ʿAdī, Avicenne et la tradition de la falsafa.

Les Belles Lettres – Sagesses médiévales
300 pages – 13,5 x 21 cm

ISBN : 9782251458038 – novembre 2025
https://www.lesbelleslettres.com/livre/9782251458038/traite-sur-l-unite-divine

“Philosophies d’Islam”, Revue de métaphysique et de morale, 2025

“Philosophies d’Islam”, Revue de métaphysique et de morale, nº 125, 2025/3, 168 p.

Parution d’un dossier thématique consacré à la philosophie arabe dans le dernier numéro de la Revue de métaphysique et de morale (n° 125, 2025-3). Le dossier, intitulé “Philosophies d’Islam”, est accessible sur la plateforme Cairn.info à l’adresse suivante :

https://shs.cairn.info/revue-revue-de-metaphysique-et-de-morale-2025-3?lang=fr

Ont contribué à ce volume : Z. Bou Akl, M. Rashed, C. Cerami, F. Benevich, T. Alpina, D. Janos, S. Di Vincenzo

Presses Universitaires de France – Revue de métaphysique et de morale
168 pages – 15 x 23 cm
EAN : 9782130877943 – septembre 2025

https://www.puf.com/revue-de-metaphysique-et-de-morale-0

C. Crialesi (ed.), Pre-modern Mathematical Thought. The Latin Discussion (13th–16th Centuries), Leiden / Boston, Brill, 2025

C. Crialesi (ed.), Pre-modern Mathematical Thought. The Latin Discussion (13th–16th Centuries), Leiden / Boston, Brill, “Investigating Medieval Philosophy”, 2025, 380 p.

This book takes readers through an exploration of fundamental discussions that redefined mathematics and its philosophical significance in the centuries foregoing modernity. From William of Auvergne’s paradoxes of infinity to Christoph Clavius’ interpretation of Euclidean principles, it examines the evolving understanding of central issues among which continuity, the existence of mathematical objects such as numbers, and the way humans can make true statements regarding such things. Each chapter sheds light on how premodern scholars bridged mathematics and philosophy, forging concepts and approaches that continued to influence early modern thought. A compelling read for historians, philosophers, and anyone intrigued by the origins and enduring legacy of mathematical ideas as both tools for inquiry and objects of reflection.

Clelia Crialesi est boursière Marie Skłodowska-Curie au laboratoire SPHERE (CNRS–Paris). Ses recherches portent sur la pensée mathématique prémoderne, avec des publications allant de la théorie boécienne des nombres à la géométrie euclidienne dans le débat sur le continu à la fin du Moyen Âge, en passant par l’épistémologie des pratiques algébriques du XIVe siècle. Elle a récemment publié l’ouvrage Mathematics and Philosophy at the Turn of the First Millennium. Abbo of Fleury on Calculus (Routledge, 2025).

Ont contribué à ce volume : J. Biard, S. Clucas, C. Crialesi, V. De Risi, D. A. Di Liscia, A. Goddu, P. Mancosu, K. Majcherek, A. Robert, S. Rommevaux-Tani, S. Roudaut, C. Trifogli

Brill – Investigating Medieval Philosophy
380 pages – 15,49 x 2,24 x 23,5 cm
ISBN : ‎ 978-9004729520 – juillet 2025

https://brill.com/display/title/72149

Pierre de Jean Olivi, La conscience, Paris, Vrin, 2025

Pierre de Jean Olivi, La conscience, traduction, annotation et introduction de S. Bobillier et V. Decaix, Paris, Vrin, “Translatio”, 2025, 398 p.

Ce livre fournit la première traduction en langue française des questions 75-86 du deuxième livre des Sentences et l’article 19 de l’Impugnatio de Pierre de Jean Olivi (1248-1298), franciscain connu pour ses prises de positions radicales notamment sur la liberté et l’usage pauvre. Les textes présentés ici sont consacrés à la conscience, à la fois comme connaissance première du sujet et comme fondement de la morale. Olivi y fait montre d’une originalité susceptible de remettre en perspective certaines catégories de l’Histoire de la philosophie, en particulier celle de modernité.

Docteur en philosophie médiévale de l’EHESS de Paris, Post-Doctorat à la Sapienza de Rome, Professeur de philosophie, éthicien à la Commission de bioéthique de la CES, Stève Bobillier s’intéresse à l’Histoire de la pensée, à la liberté, au choix du mal et à la notion de personne humaine.
Véronique Decaix est maîtresse de conférences à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (GRAMATA, UMR SPHERE-7219) et membre junior de l’Institut Universitaire de France

Vrin – Translatio
398 pages – 11,3 × 17,8 × 2,0 cm
ISBN: 978-2-7116-3183-4 – juin 2025

https://www.vrin.fr/livre/9782711631834/la-conscience